Pourquoi nous avons créé sondelibre
Un outil d'enquête en ligne libre, sans traceur, pensé pour publier les réponses en données ouvertes.
Quand nous avons commencé à préparer les enquêtes de Voxlibre, il nous fallait un outil pour poser des questions en ligne. Nous voulions quatre choses : aucun traceur, des réponses anonymes par défaut, un questionnaire lisible en texte brut, et des exports que des chercheurs ou des journalistes puissent reprendre tels quels.
Nous n’avons pas trouvé d’outil qui réunisse les quatre. Les services les plus connus, comme Google Forms, Typeform ou SurveyMonkey, appartiennent à des entreprises qui vivent de la publicité ou de l’abonnement, et le répondant y charge leurs scripts. À l’export, ils donnent le plus souvent un tableur, sans la version exacte du questionnaire auquel les gens ont répondu.
Les logiciels libres que nous avons essayés ne convenaient pas mieux. LimeSurvey existe depuis longtemps, mais il est complexe, lourd et daté à l’écran. HeyForm demande une base de données et reste pensé d’abord pour son propre service en ligne, ce qui le rend lourd à héberger soi-même. OpnForm n’est libre qu’en partie : une édition entreprise garde certaines fonctions sous une licence propriétaire.
Nous avons donc écrit sondelibre, un logiciel libre sous licence AGPL, développé avec SvelteKit et TypeScript. Cette licence oblige quiconque propose en ligne une version modifiée de sondelibre à en publier le code1.
Ce que sondelibre ne collecte pas
Le répondant ne charge aucun script externe, aucune police distante et aucun outil de mesure d’audience.
Contre les réponses automatisées, sondelibre utilise ALTCHA, un logiciel libre lui aussi, à la place d’un captcha de Google ou de Cloudflare2. Le navigateur du répondant fait un petit calcul en arrière-plan, en une fraction de seconde, sans image à déchiffrer. Le serveur de l’enquête vérifie lui-même le résultat, et rien ne part chez un tiers.
Par défaut, sondelibre ne garde ni l’adresse IP ni la description de l’appareil, et ne dépose aucun cookie. L’heure de réponse est arrondie au jour, sauf si l’enquête a besoin de l’heure exacte. Personne n’a besoin d’un compte pour répondre.
L’organisateur peut changer ces réglages enquête par enquête. Dans ce cas, la page d’accueil du questionnaire le dit avant la première question. Elle renvoie aussi à une politique de confidentialité propre à l’enquête, qui donne le nom de l’organisateur, la durée de conservation des réponses et la licence sous laquelle elles sont publiées.
Un questionnaire, c’est un fichier
Un questionnaire sondelibre est un fichier YAML. On peut le relire, le partager, le garder dans Git, l’exporter d’une installation et l’importer dans une autre.
Chaque publication crée une version figée, identifiée par une empreinte SHA-256. L’auteur peut continuer à modifier son brouillon, et les réponses déjà reçues restent rattachées à la version exacte que les répondants ont vue.
Les règles de passage (une question qui n’apparaît que selon une réponse précédente, une section entière que l’on saute) s’écrivent en clair dans le même fichier, ce qui permet de les relire avant de publier.
En plus des questions habituelles (choix unique, choix multiple, texte libre), sondelibre propose des formats utiles pour étudier l’opinion. Le curseur n’a pas de point de départ, pour ne pas ancrer les répondants au milieu de l’échelle. On trouve aussi des classements par ordre de préférence, des grilles d’évaluation, et des répartitions chiffrées dont le total est contrôlé, comme un budget à partager ou 100 % à répartir.
Des données prêtes pour la recherche
Chez Voxlibre, publier des résultats veut dire publier aussi les réponses brutes. Sondelibre exporte le même tableau de réponses sous trois formes :
- un fichier CSV, avec un identifiant stable par colonne et le libellé de chaque option ;
- un script R qui contient les réponses et recrée les facteurs et les étiquettes de variables ;
- un fichier de syntaxe SPSS, qui s’ouvre aussi dans PSPP, son équivalent libre.
La page Réutiliser explique comment citer ces fichiers et sous quelle licence ils sont publiés.
Références
Free Software Foundation. (2007). GNU Affero General Public License, version 3. https://www.gnu.org/licenses/agpl-3.0.html ↩︎
ALTCHA. (s. d.). The open-source captcha for privacy-first bot protection. https://altcha.org/open-source-captcha/ ↩︎